International Conference at MIE- Conférence internationale au MIE - Keynote address & Summary of papers
Om Varma
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La communication de Ms Mampionona Miora (Madagascar) s’est portée premièrement sur la situation de l’éducation dans deux villages touristiques de Madagascar (Mangily et Anakao) et deuxièmement sur l’impact négatif du tourisme sur l’éducation des enfants dans les villages littoraux alors même que l’Etat malgache prône de plus en plus une éducation pour tous et souhaite améliorer la qualité de l’éducation donnée dans ses écoles.
Les constats de l’étude axée sur ces deux villages sont : Les enfants abandonnent l’école à un très jeune âge pour apprendre le métier de pêcheur ou devenir guide touristique (pour les garçons) et s’occuper de la maison ou travailler comme serveuse / femme de chambre (pour les filles) ; le niveau de scolarisation ne va pas au-delà du CEPE (le primaire) ; ces villages ont des infrastructures délabrées pour salles de classe qui réduisent encore plus la faible capacité d’accueil.
Il existe un grand écart entre les écoles publiques et les écoles privées, et les écoles des villages et les écoles des villes. Les villageois perçoivent l’école comme une perte de temps et d’argent et un lieu pour les paresseux. La réussite sociale pour ces villageois est le fait de se marier avec un vaza, c’est-à-dire un Occidental. Ce qui pousse les enfants à s’engager dans des métiers qui les mettraient en contact avec les vaza, et les filles à se prostituer.
Les propositions des solutions ou des activités pour remédier aux problèmes évoqués dans ce papier, entre autres: Sensibiliser les familles à envoyer les enfants à l’école; Sensibiliser les familles à lutter contre le sida et ne pas livrer leurs filles aux touristes; construire des écoles selon les normes et les lotir de matériels pédagogiques adéquats.
La communication Dr Albert Martinez (Madagascar) situe son intervention comme s’inscrivant autour de la problématique de l’échec scolaire ou de l’abandon précoce de l’école. Son travail se situe dans le mouvement autour de la notion de rapport au savoir, notion développée depuis la fin des années 1970 dans le champ de la sociologie de l’éducation, plus particulièrement dans le champ nouveau d’une sociologie du sujet.
Il s’agit de considérer l’individu comme un individu à la fois sujet singulier et unique , être social qui traverse des milieux, et acteur de son histoire
Prenant appui sur ces trois caractéristiques, il cherche à travailler la question du rapport à soi, du rapport aux autres et du rapport au monde qui est toujours propre à un sujet, en d’autres mots travailler sur le sens du travail et du savoir dans une perspective à la fois diachronique (puisqu’il relève d’une approche socio historique) et (synchronique puisqu’il s’intéresse à un sujet in situ, dans un espace temps particulier).
Martinez veut sonder l’importance du rapport au travail dans le rapport au savoir. Son terrain, les jeunes sortis du milieu scolaire, en recherche ou non d’un emploi. Il essaie d’identifier un ensemble de repères qui permettent de voir comment les jeunes se positionnent et se construisent leur rapport au savoir comme lors de consignes de travail en classe ou aux savoirs, les liaisons entre les disciplines ou les situations scolaires. Ses enquêtes montrent que les trois configurations de la dimension identitaire du rapport au savoir caractérisent les jeunes de la manière suivante : La configuration utilitariste caractérise les collégiens, La configuration stratégique caractérise les lycéens, Et la configuration pragmatique, ceux qui font l’expérience de la réussite scolaire, ceux qui ont développé un rapport au savoir qui est celui de l’apprendre à apprendre.
La communication, du Docteur Ramharai, (Ile Maurice), portait sur la mise en place possible d’un système national pour la certification de l’enseignement secondaire. L’intervenant devait insister sur la notion même de « mauricianisation » de l’enseignement qui s’étendrait de la préparation des sujets d’examens et la correction des copies à Maurice à l’élaboration de manuels scolaires locaux et finalement à l’octroi de bourses pour étudier dans des universités du pays. Loin de la ghettoïsation et de l’idée d’un enfermement sur soi, la mauricianisation a pour but d’adapter l’enseignement secondaire dans le contexte local.
La communication du Prof. D. Randriamasitiana (Madagascar) portait essentiellement sur les divers dysfonctionnements du système éducatif malgache, avec un accent particulier sur le secteur tertiaire, parent pauvre de l'éducation malgache. ! L'intervenant a aussi expliqué que l'éducation malgache reste fortement marquée par l'influence coloniale française, bien qu'il souligna – en passant – que la France demeure un partenaire privilégié de ce secteur. Toutefois, il n'a pas manqué de faire ressortir la nécessité de passer d'un système francophone « défaillant » à un système anglophone plus « pragmatique » basé sur le modèle Licence-Master-Doctorat, et il a souligné les difficultés posées par un tel passage.
Dr. Thierry Malbert (Réunion). Il est anthropologue spécialisé et travaille sur la relation entre la famille et l’école et aussi sur l’interculturalité. Dans sa communication, il part du principe que partout dans le monde, le système social émerge directement du système de parenté. La famille est la première instance sociale avant l’école. Donc, il est normal que le champ de l’éducation s’intéresse aux rôles et fonctions de la famille et à la parentalité.
Dr. Solange Le Rohellec (France). Elle a effectué 5 années de recherche à Madagascar en partant de l’enseigne « éducation pour tous ». Sa communication prend appui sur ses travaux de recherche. Elle porte sur une étude comparative sur le système éducatif entre les écoles publiques et les écoles privées. L’intervenante s’interroge sur la possibilité d’un développement dans l’éducation à Madagascar qui ne serait pas un leurre / une illusion. La communication était plus une présentation des séquences filmées des classes qu’un discours.
Table Ronde
Thème: Echec Scolaire
Participants: Michel Latchoumanin (Reunion), Clément Sambo (Reunion), Vicram Ramharai (Ile Maurice), Vassen Naeck (Ile Maurice), Solange Le Rohellec (Reunion)
Chaque intervenant a dans un premier temps parlé des facteurs responsable de l’échec scolaire. Les facteurs proposés sont lies à: la famille, l’apprentissage dès la maternelle, la structure d’accueil à l’école et la pédagogie préconisée. Pour d’autres il faut s’interroger sur les trois axes suivants: sur l’individu, sur l’environnement de celui-ci et sur l’interaction entre l’individu et son environnement. Il fut aussi proposé de s’interroger sur le vécu de l’individu, sur les difficultés de leur apprentissage et leurs adaptations. Dans d’autres contextes, cet échec s’explique aussi par des facteurs géographiques, par une dislocation de la famille, par un handicap de l’individu , ses coutumes traditionnelles et par surtout des raisons purement économiques.
Il était aussi question de définir la “réussite”. Une petite discussion fut lancée ou l’échec scolaire fut présenté comme une suite à une évaluation par rapport à des normes et indicateurs institutionnels. Il est propose de bien situer la “réussite”.
Comment combattre l’échec scolaire?
Appréhender l’échec scolaire par une approche systémique, a mettre en place des aménagements linguistiques, former les enseignants à ce qu’ils ne se décrochent pas, les enfants à l’école soient pris en charge par les autorités et non pas seulement pour une scolarisation, adopter une discrimination positive, mettre en place un soutien scolaire approprié, focaliser sur la pratique des méthodes d’apprentissages nouvelles au lieu de seulement les méthodes nouvelles, adapter le système éducatif à l’apprenant.
Echec scolaire à l’île Maurice doit être toujours un sujet d’interrogation. Il faut donner au temps. Il faut aussi analyser les pratiques des enseignants pour comprendre l’échec scolaire. Il faut aussi reconnaître que des potentialités existent mais elles ne s’expriment pas de la même manière, il faut accepter que les différences existent.